(Cette lettre est un devoir que j’ai donné aux femmes qui ont assisté à mon atelier Connaissance de soi et Affirmation de soi au SANA de Trois-Rivières. C’est une exhortation à la confiance en soi et à l’affirmation de soi)
Chère femme immigrée,
Chère sœur,
Chère moi,
J’ai eu le réel plaisir d’être entourée d’une vingtaine de femmes issues de l’immigration pour parler d’un sujet tellement essentiel : la confiance en soi et l’affirmation de soi.
Une série d’ateliers organisés pour soutenir les femmes immigrées dans leur quête d’autonomie globale.
J’étais bien préparée, comme à mon habitude. Heureuse d’être là. Profondément reconnaissante. Et surtout, me sentant proche de chacune d’entre vous.
Plusieurs générations de femmes.
Plusieurs origines.
Plusieurs histoires.
Mais un même désir : se relever, se renforcer, se choisir.
On ne peut pas aborder la confiance en soi sans passer par la connaissance de soi et l’acceptation de soi.
Et plus j’avançais dans cet atelier interactif, ponctué de petits exercices personnels et collectifs, plus je me rendais compte que c’est aussi mon propre cheminement que je revis.
Plus je partageais expériences et outils, plus cette vérité me frappait :
La confiance en soi se construit.
Elle n’est ni innée ni acquise pour toujours.
Elle se bâtit, se déconstruit parfois, puis se reconstruit encore.
Cet atelier est une base.
Une fondation.
Une pierre de plus dans la solidification des femmes que nous bâtissons au quotidien.
Ce fut un moment de grande humanité.
Un moment qui m’a rappelé cette valeur que je porte profondément :
Les femmes sont leurs meilleures alliées lorsqu’elles se soutiennent, sont solidaires et unies.
Je crois fermement que la puissance féminine est viscérale.
Et qu’elle sauve.
En vous regardant, j’ai pu ressentir sans prétention vos combats, vos forces, vos silences, vos espoirs.
Chère femme immigrée,
Quitter sa terre natale et se plonger dans l’inconnu est un immense défi.
C’est souvent la première grande épreuve de notre confiance en soi.
La langue.
Les codes.
Les repères.
Comment m’affirmer si je ne maîtrise pas encore la langue?
Comment exprimer mes valeurs, mes besoins, mes peurs, mes envies, si je ne comprends pas toujours celles du pays d’accueil?
La réflexion est profonde.
Mais comme nous l’avons partagé ensemble :
Se connaître est un début.
S’accepter est un second pas.
Prendre conscience de sa valeur et se la répéter est le couronnement.
Non par narcissisme.
Mais par amour de soi.
Oui, s’aimer.
Cette chose que personne ne nous a vraiment apprise.
Je souhaite que tu t’offres ce devoir sacré :
t’écrire une lettre d’amour à toi-même.
Avec ce regard bienveillant que tu mérites.
Sans attendre la permission de personne.
Sans attendre l’approbation de qui que ce soit.
En cette période de la Saint-Valentin, je te souhaite de t’aimer.
Sans écouter les bruits extérieurs.
Sans les “tu es trop ceci” ou “pas assez cela”.
Regarde-toi à travers tes propres yeux.
Et admire le chef-d’œuvre que tu es.
Ne te compare à personne.
Il n’existe qu’une seule version de toi.
Avec ton ADN.
Tes empreintes.
Ton histoire.
Crée ton propre modèle.
Même imparfait.
Même fragile.
Même hésitant.
Mais sois toi.
Ni plus.
Ni moins.
Tout ce qui a fragilisé ta confiance peut devenir une force.
Même les ruptures.
Même les deuils.
Même les chutes.
Je vis moi-même des situations qui me rappellent combien l’affirmation de soi demande du courage.
Et j’ai choisi de me murmurer ceci :
L’opinion des autres ne m’empêchera jamais d’être moi.
Je baisse le volume des bruits toxiques.
Je monte le volume de ma musique intérieure.
Et je m’invite à danser avec moi-même.
Je me respecte.
Je me choisis.
Je m’honore.
Répétons ensemble notre rituel de puissance, à la façon des Amazones :
Je mérite le respect.
Ma voix compte.
Je suis capable.
J’ai le droit de prendre ma place.
Personne ne viendra me donner la permission d’exister.
Ma différence est une richesse.
Mon histoire a de la valeur.
Ma voix est nécessaire.
Bon cheminement, chère sœur.
Bon cheminement, chère femme immigrée.
Bon cheminement, chère moi.
Avec amour et gratitude.
*Que de gratitude au SANA de Trois-Rivières qui a permis ce moment de profonde sororité
Ta soeur, meilleure amie, et femme immigrée Elvire
»Progressez chaque jour avec audace vers vos rêves, refusez les coups
d’arrêt et rien ne pourra vous arrêter. »
Elvire B Toffa
Accompagnante et stratège en inclusion socioprofessionnelle des personnes issues de l’immigration.
Entrepreneure & Conférencière :
lamazone.ca
academieamazone.com